[Des Choses]

[Des Choses]
Mes petites manies, il y en a trop. Petite fille et serial killer s'assemblent et se complètent pour la première fois. Mes obsessions, celles qui ne pourront peut-être jamais disparaître. Je fais des sondages, les sondages des choses les plus futiles. J'inclus dans ces sondages une autre catégorie, celle des collections. Il n'est même pas question de posséder, mais de comparer. C'est très différent. Il y a tant de sondages, de comparaisons à faire entre des choses très futiles. La confrontation leur redonne une certaine renommée, fait ressurgir leurs qualités, les détails qui les caractérisent... Elles ne sont alors plus du tout futiles. Les choses deviennent importantes. Elles parviennent à détenir une "âme"... Et nous, source de la vie qu'on veut bien leur donner, on perd le contrôle. Notre esprit s'évapore, pour se fondre dans les choses. C'est de futilités que notre esprit est fait. Ou plutôt, notre esprit devient trop faible pour repousser les futilités en tout genre... Pendant ce temps, les choses acquièrent une certaine intelligence qui n'est pas négligeable. Nous, on devient matérialiste, et il nous arrive de ressentir des sensations, voire des émotions... A ce stade, une coquille s'est formé autour de notre esprit, les initiatives ne font plus partie de nos ambitions, les choses prennent les décisions, nous maîtrisent, et se moquent de nous. Pourtant, quand elles se jouent ainsi de nous, cela ne nous touche pas. Cela ne change rien. Parce qu'elle n'ont pas de corps, et que nous, si. C'est là notre seule force résistante. Avec notre corps, on les néglige. Elles aussi ne se sentent pas négligées, elles s'en foutent aussi bien que nous nous foutons de leurs moqueries perpetuelles. Mais elles savent que si on les perd, si un jour on les égare, le vide se creusera en nous. Nous, nous ne le savons pas, nous l'ignorons, n'y pensons même pas, tant c'est futilité de penser à une perte possible. Mais lorsque le vide est creusé, les chances de parvenir à le combler à nouveau sont quasi nulles. Les choses s'en foutent de nous perdre, mais quand l'inverse se produit, le changement de personnalité, d'habitudes, et de vie toute entière, est a envisagé. Il y a plusieurs ères dans toute une vie, et tout ça par la seule volonté de Choses.

# Posté le jeudi 22 novembre 2007 15:24

Modifié le mardi 27 novembre 2007 15:22

[Le brouillard]

[Le brouillard]
Interpretation d'un corps

Le brouillard, un demi coma, une aventure trop lointaine. Ca effraie, voir ce que mon esprit peut faire, dans quels recoins il peut se faufiler, sans que je le maîtrise. Je suis tout simplement épuisée. Je dois me mettre sur "pause", reposer mon esprit. Qu'il arrête de réfléchir, qu'il arrête de se fatiguer. Je n'en vaux pas la peine. Mon corps est en train de lacher. Il ne suit plus ma conscience, il lui envoie des signaux de surmenage qu'elle ne parvient pas à analyser. Ou plutôt, qu'elle oublie d'interprêter. Qu'elle n'écoute même pas. Ma conscience néglige mon corps, elle détient ce caractère malsain qui accumule tout, garde tout, les ordures, les éléments nuisibles, sans faire le tri, sans faire la part des choses. Mes muscles subissent, se raidissent, s'épuisent. Mon corps disparaît, fond et se fond dans la masse. Il n'a plus d'importance, il n'est plus qu'un corps parmi d'autres aux yeux de ma conscience. Une ombre. Elle le méprise, le nargue: Elle sera toujours plus forte que lui; enfin, c'est ce qu'elle pense.

# Posté le jeudi 25 octobre 2007 16:45

[Entre deux mondes.]

[Entre deux mondes.]
J'ai vécu la folie. Pure, complètement artificielle. J'ai fait un écart. J'ai rêvé, j'ai nagé dans un bain bouillonnant. Depuis, une certaine angoisse me tenaille, me noue le ventre, m'absorbe, et je ne peux penser à autre chose. Je suis devenue un objet. Ce changement soudain... Dépendance, appartenance irréversible. Je ne trouve plus les mots. Je suis sujette aux plus grands étourdissements... C'est désagréable, mais j'aime. J'aime ne plus pouvoir me contrôler, que les évènements prennent les décisions à ma place. J'aime les circonstances où le flou prend le dessus. J'aime qu'il me berce, et m'emporte, pour ressentir le folie, encore et encore. Ne plus être maître de soi-même, ça a un côté envoutant, dangereux, excitant, existenciel, et inhabituel. On n'atteint ce sommet que si on le désire, que si on ne fait confiance à rien, où plutôt si on fait confiance à tout le monde sauf à soi-même. Qu'ils prennent le contrôle, moi je pourrais lire en eux, m'en imprégner, sentir jusqu'où peut aller leur folie, s'ils peuvent suivre la mienne. A la limite de l'inconscience, mais toujours consciente. J'épouserai celui qui me fera concurrence. J'attend la folie qui saura m'intriguer, m'épouvanter, me séduire, me surpasser. Je veux être admiratrice, entraînée par le sommet de la folie.

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 16:56

Modifié le samedi 20 octobre 2007 07:35

[Echantillon de conscience enfantile]

[Echantillon de conscience enfantile]
J'ai mon enfance qui m'échappe... Mes rêves sont lointains... Et je pleure pour rien. Ils me glissent entre les doigts, je les sens. Je ne peux rien y faire. Je ne vivrai plus jamais l'enfance. Je n'ai plus qu'à m'oublier. J'veux savoir ce que ça fait, suivre la vie sur un fil continu, sans interruption: ce que seul, l'enfant sait faire. J'veux connaître cette sensation encore une fois. Etre dans une bulle, un cocon qui semble brûlant à tout moment. S'extasier devant des boules de cotons colorées, avoir peur des loups, vouloir absolument une barbapapa dès qu'il y a fête foraine, avoir des yeux émerveillés devant les feux d'artifices, vouloir à tout prix être danseuse étoile, actrice, chanteuse, styliste, top model, et y croire dur comme fer, ouvrir un restaurant en plein milieu de sa chambre. Quand les enfants ont peur avant de dormir, ils croivent qu'il ne vont jamais atteindre le sommeil. Ils ont peur de dormir, on sait jamais, au cas où... Le temps leur paraît long, mais ils s'endorment dix minutes plus tard. Ils sont bien plus forts que les adultes. Quand ceux-ci ne trouvent pas le sommeil, c'est la nuit blanche qu'ils subissent. Ils racontent des histoires, ils en écoutent, ils rêvent, ils savent chuchoter, se cacher dans les moindres recoins. Leur esprit ne retient que le merveilleux. Si l'on pouvait dessiner la conscience, celle de l'enfant en serait une ébauche, d'une couleur inconnue, d'une minutie semblable à celle de la dentelle. Et surtout, d'une originalité hors norme.

# Posté le mercredi 10 octobre 2007 15:53

Modifié le jeudi 11 octobre 2007 04:07

[Vides, Gris, Pauses]--> La chute des mots, de Pô

[Vides, Gris, Pauses]--> La chute des mots, de Pô
J'ai pas tout saisi. J'tai pas saisi, toi. J'ai eu des doutes, mais jamais de certitudes. Cette ignorance, cette incompréhension ont formé le manque. Bel aboutissement. Pour ressentir, encore et encore, le vide. Ce n'est qu'un enchaînement de Vides, de Gris et de Pauses. Le vague nous a epuisé. Toi t'as l'air de bien te porter. Moi, j'ai du mal à me le prouver.

# Posté le jeudi 27 septembre 2007 16:23

Modifié le vendredi 28 septembre 2007 00:52